Constats

Les technologies et l’environnement

Le constat sur l’impact négatif de nos modes de vie et des technologies sur l’environnement est un fait :

  • Gartner a énoncé que les TIC étaient responsable de 2% des émissions globales de CO2 sur la planète : autant que le transport aérien
  • Les consommations mondiales des data centers sont de 58 TWh en 2000, 123 TWh en 2005 et ne cessent de progresser.
  • Pénurie des terres rares. Ce sont un groupe de métaux de 17 éléments utilisés dans des applications technologiques et industrielles très variées. Cette pénurie crée des tensions importantes dans certaines régions du monde.
  • Crises des déchets électroniques : seulement 14% des déchets électroniques sont traités par la filière grand public, 26 % pour les DEEE professionnels de catégorie 3….

Si nous maintenons ce rythme il nous faudra bientôt deux terres pour assouvir nos besoins, chose impossible car notre bonne vieille terre n’est pas extensible. Le développement durable tend depuis plusieurs dizaines d’années à résoudre cette équation. La green IT, depuis moins longtemps, se focalise sur l’impact des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Malgré de nombreuses solutions disponibles, le monde ne semble pas changer. Pourquoi autant de résistance au changement ? Pourquoi une telle lenteur alors qu’il ne nous reste plus qu’une génération pour relever des défis environnementaux qui pourraient mettre à genou l’humanité ? 

Logiciel et environnement

Dans ce contexte, quel est l’impact du logiciel sur l’environnement ? Depuis plusieurs années nous voyons particulièrement un phénomène inquiétant du bloatware s’accroitre. L’exemple de Windows est symptomatique : entre la version 95 et la version Seven, les besoins ont augmenté jusqu’à plus de 150 fois. L’impact de ceci est que les utilisateurs ont un sentiment de plus en plus régulier d’obsolescence de leur PC. Le résultats : la demande en matériel augmente encore plus et accroit les problématiques du matériel sur l’environnement.

Compte tenu de son importance dans le monde actuel, le logiciel est la cause d’une partie non négligeable des 2% d’émission de C0² mondiale annoncées par Gartner. D’autant plus que la fonction principale du logiciel dans un système électronique et technologique est de s’occuper d’une grande part de l’intelligence. Et si cette intelligence n’intégrait pas d’intelligence environnementale ?

Dans tous les cas, en tant que centre nerveux du système informatique, le logiciel doit avoir un impact non négligeable. Une maladie de ce système nerveux, au sens environnemental, amènerait à des conséquences fâcheuses pour notre environnement. Et au contraire, un système nerveux sain apporterait des bénéfices importants. Et si on donnait aux développeurs la capacité d’agir ?

Constat sur les pratiques de développement logiciel durable

L’amélioration du matériel a déjà été initiée. De nombreuses lois et normes ayant pour but de réduire l’impact du matériel ont été diffusées. Diminution de la consommation, interdiction de substances toxiques, recyclage du matériel… Le matériel a, contrairement au logiciel, l’avantage d’être… matériel et donc visible. La liste de certaines de ces actions montre les progrès réalisés dans le domaine de l’impact de l’électronique ces dernières années :

  • REACH enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques 
  • RoHS Restriction of the use of certain Hazardous Substances in electrical and electronic equipment
  • Energy-using products, EuP ou directive 2005/32/EC

Le domaine du logiciel, par sa nouveauté, son immatérialité et son manque de maturité, a toujours échappé aux standardisations et réglementations. Améliorer l’impact du logiciel sur l’environnement est donc plus compliqué à formaliser. Il en découle un manque de labels, normes et législations. Et de ce manque de standardisation, se ressent une absence d’état de l’art de bonnes pratiques. Pas de label de logiciel Eco conçu ou autres phares vers lesquels se diriger. Cela veut t’il dire qu’il n’y pas de marge de manœuvre pour l’industrie du logiciel en terme d’environnement ? Ou est-ce le manque de bonnes pratiques issues de l’industrie qui amène à ce manque de standardisation ?.

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